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Francois Rabelais

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Rabelais l'humaniste

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Gargantua et Pantagruel

abelais a 38 ans lorsqu’il publie à Lyon, sous le pseudonyme de maître Alcofribas Nasier, son premier roman intitulé Pantagruel. Tenté par le succès d’une plaisanterie burlesque, Rabelais raconte les prouesses de Pantagruel, un géant doué d’un appétit insatiable et d’une force formidable. « La supériorité de Rabelais est éclatante (…). Dans cette œuvre bouffonne, il insère mille détails tirés de la vie réelle. Certains chapitres, nettement au-dessus de l’esprit populaire, expriment l’idéal humaniste, critiquent la routine des sciences juridiques, prennent position en faveur de l’évangélisme. »1 Par la suite, soit en 1534, Rabelais publie Gargantua, le père de Pantagruel. Dans ce livre, il exprime aussi son avis sur plusieurs questions sérieuses : il revient sur le problème de l’éducation, flétrit la guerre des conquérants, attaque les théologiens de la Sorbonne, dénonce la paresse des moines et les superstitions religieuses. Malgré la grande appréciation du public, ses deux premiers romans sont contestés par les hauts dirigeants à cause des idées véhiculées dans ceux-ci. La contestation de Pantagruel et Gargantua parvient finalement à calmer la ténacité de Rabelais face à ses idées. Après un troisième ouvrage encore contesté, il s’assagit et publie deux romans moins agressifs envers les dirigeants de la société.

En 1546, Rabelais publie le Tiers Livre. Cet ouvrage met en vedette Panurge et Pantagruel qui est maintenant un grand philosophe. Malgré une autre bonne réaction du public, ce livre est censuré : sa lecture et sa possession sont interdites par la justice ecclésiastique. Il publie ensuite, en 1548, une rédaction partielle du Quart Livre : onze chapitres très sages où il renonce à ses attaques contre les théologiens. Dans ce livre, il exploite l’intérêt du public lettré pour les voyages de Jacques Cartier vers le Canada en décrivant les escales de Panurge, en route par l’Atlantique, vers l’oracle de la Dive Bouteille. Paru sous sa forme définitive en 1564, soit une dizaine d’années après la mort de Rabelais, le Cinquième Livre complète les précédents puisqu’il conduit Panurge et ses compagnons jusqu’à l’oracle tant recherché. « Mais s’il est vrai que la verve rabelaisienne reparaît dans certains chapitres, les érudits n’arrivent pas à s’accorder sur l’authenticité de ce dernier livre, et il est à craindre que le problème ne soit à jamais insoluble.»2 Dans ses trois derniers livres un peu plus sages tout comme dans ses premiers ouvrages plus agressifs, on remarque chez Rabelais une forte propension vers deux tendances : l’humanisme et l’amour de la nature.

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Étant un travailleur infatigable d’une curiosité universelle, Rabelais a accumulé au fil des ans une somme prodigieuse de connaissances : s’il voulait que son géant soit un abîme de sciences, c’est qu’il le désirait à son image. Pour lui, le savoir et la sagesse se confondent avec la connaissance de l’Antiquité. La vie physique, la nourriture et les fonctions naturelles occupent aussi une place importante dans l’œuvre de Rabelais. Il admire le mécanisme du corps humain autant que celui de l’univers : pour lui, l’un et l’autre témoignent de la bonté du créateur. Dans ses œuvres, Rabelais nous transmet son amour pour l’humanisme et la nature par un style d’écriture rempli d’humour, de symbolisme et de richesses lexicales.

Rabelais est un maître du rire. On trouve chez lui plusieurs degrés du comique : les farces lourdes, les jeux de mots, la gauloiserie poussée jusqu’à la grossièreté, etc. Son humour touche aussi tout le monde, du simple public à l’étudiant, en passant par les érudits les plus cultivés. Il est également un penseur : tout au long de ses récits, il nous invite à chercher, sous la plaisanterie, les idées sérieuses. Il excelle aussi dans l’art de nous présenter sa pensée sous la forme la plus vivante : beaucoup de personnages symbolisent les idées de Rabelais, ses vertus et ses défauts. Par cet art du symbolisme, Rabelais est un des précurseurs de Voltaire. Rabelais possède aussi une étonnante richesse de vocabulaire : il emprunte des mots à tous les langages techniques, puise dans les langues mortes, crée des onomatopées, etc. Au lieu d’un terme, c’est dix et même vingt mots qui sortent de sa plume, tous plus colorés et pittoresques les uns que les autres. En plus de posséder un style d’écriture rempli d’humour, de riche vocabulaire et de symbolisme, Rabelais a le don de jongler admirablement bien avec le réalisme et la fantaisie dans ses œuvres.

Rabelais réussit également à peindre la réalité avec une étonnante précision. Il a par-dessus tout le don d’évoquer le mouvement, d’animer un dialogue et de tracer des silhouettes inoubliables. Chez lui, l’amour de la vie se traduit par l’art de peindre les formes multiples de celle-ci. À travers ses œuvres, Rabelais s’amuse à nous présenter, avec le plus grand sérieux, des invraisemblances, des raisonnements paradoxaux ou des argumentations sensées mais sans fondement. Parfois, au contraire, ce sont des idées logiques et réfléchies qu’il exprime sous une forme bouffonne. Ces façons d’écrire contribuent à créer le fantastique dans ses œuvres.

Tous les ouvrages de Rabelais, que ce soit Pantagruel, Gargantua, le Tiers Livre, le Quart Livre ou le Cinquième Livre, sont marqués par deux fortes tendances et un style d’écriture inusité pour l’époque qui réussit à combiner de merveilleuse façon le réalisme et la fantaisie. Mis à part toutes ces caractéristiques, Rabelais aime aussi faire passer ses idées à travers ses œuvres : la majorité de celles-ci portent sur la guerre et la religion.

Pour ceux qui sont intéressé, vous pouvez lire une partie de Pantagruel écrit en vieux français: cliquez ici!

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1 Lagarde, André.- XVIe siècle : Les grands auteurs français du programme/ par André Lagarde [et] Laurent Michard.- Paris : Bordas, 1965.- pp. 35-89.- (Coll textes et littérature ; II).

2 Ibid., p.38.